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Se remettre à l’entraînement…

Se remettre à l’entraînement après un ultra Trail n’est pas chose simple, c’est pour cela que je vais partager avec vous ma reprise depuis la TDS.

Après la TDS, j’ai décidé de ne pas faire ce qu’on peut lire dans les magazines ou conseils de sportif de haut niveau, je n’ai pas fait de coupure dite “psychologique”. Pour certains, la coupure rime avec craquage alimentaire, irrégularité dans l’entraînement, dans le sommeil, dans le rythme de vie en règle générale. Pour ma part, je pense que le corps a besoin de constance, d’autant plus que l’organisme souffre encore des traumatismes dus à l’ultra. Je ne comprends pas les agissements des gens;  je les vois se priver ou changer totalement leur mode de vie pour une préparation, se construire un corps meilleur et finalement, quand le but est atteint, ils coupent tout subitement au moment où le corps a besoin de se reconstruire…

En ce qui me concerne, j’ai pris grand soin de ma récupération pour remettre le pied doucement à l’étrier. Je me suis accordé trois jours de “OFF” avant de remonter sur le vélo, mon grand ami, pour faire tourner les jambes. Le vélo permet de remettre les fibres doucement en marche avec de petites balades et de grandes cadences de pédalage, ça permet de laisser respirer les articulations.

Ensuite, j’ai repris les petits footings  seul et en groupe, cela a permis d’échanger et de faire naître de nouveaux objectifs. Il y a un groupe super sur Belbeuf, toujours sympa de balader avec eux et le terrain de jeu est génial! Amis Rouennais, je vous conseille de rejoindre leur association si vous cherchez la convivialité!

Le yoga fait maintenant partie de mon quotidien, le matin quinze à vingt minutes avant de manger. Au début, c’était une contrainte, maintenant c’est devenu une nécessité. Je pense que le manque de souplesse est responsable de bien des maux chez les sportifs et si vous êtes assidus, vous ressentirez du mieux sur votre foulée.

Niveau alimentation, j’ai continué dans ma direction. Néanmoins je porte de plus en plus d’importance à l’alimentation qualitative dans les fenêtres métaboliques de récupération, les gains en récupération se font sentir rapidement. De plus, suite à une étude que j’avais lue sur les Oméga 3, j’ai décidé de mettre leurs préconisations en application. Cela fait maintenant deux semaines et les sensations semblent aux rendez-vous. Affaire à suivre…

Sur le point de l’entrainement, je vais commencer prochainement avec un nouveau “coach”. J’ai besoin de neuf dans mes entraînements et j’ai surtout envie d’aller chercher de nouveaux objectifs plus ambitieux. Avant de débuter avec cette personne, j’ai mis en application un entrainement qui me permet de faire de bons volumes en parallèle de mes différentes activités professionnelles. J’ai fonctionné sur 4 semaines en augmentant environ de 15 à 20 % la charge d’entrainement hebdomadaire, le but étant de conserver une grosse partie vélo afin de protéger mes articulations et de conserver mon endurance fondamentale acquise lors de la TDS. La semaine, j’effectuais de petits entraînements, la plupart du temps en bi-quotidien et je chargeais tous les weekends avec sorties Trail et vélo le samedi et le dimanche. Les entraînements course à pied ont commencé à s’orienter vitesse à la fin du mois. Je suis allé valider cette reprise par un Trail de 18 km.

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Quelques mots sur le Trail du Val de Sée.

Fidèle à ma programmation des weekends précédents, je suis parti faire une balade vélo de deux heures le matin. En rentrant, j’ai immédiatement mangé ma petite préparation crème sport, ce qui m’a permis de manger pendant ma fenêtre métabolique de récupération et de manger trois heures avant le départ du Trail, tout est optimisé!

Une fois sur le site de Brecey, qui d’ailleurs est vraiment bien organisé – parking, préaux, douches, restauration et étang pour la cryothérapie-, je suis allé retirer mon dossard. Je suis parti réchauffer les douleurs du matin avec un petit footing de 5 km. En place sur la ligne de départ, je me suis demandé ce que je faisais là, mais je savais que je venais chercher une “dérouillée”! Le départ a été très rapide, Francis est parti comme une flèche, j’ai décidé de ne pas suivre. 18 km et 500 m de D+, j’avais le temps de voir venir… Je me suis placé en sixième position, et j’ai attendu que ça craque doucement, cinquième après deux kilomètres, premier passage technique en forêt quatrième, l’allure était vraiment haute car devant c’était des routards et il y avait environ cinquante pour-cent de route… Bref je tirais la langue sur la route! J’ai eu le troisième en ligne de mire pendant cinq kilomètres mais je n’apercevais plus le deuxième dans les longues lignes droites, nous étions au dixième kilomètre il était temps de se bouger! J’ai repris le troisième mais celui ci m’a suivi, il fallait absolument le lâcher pour aller chercher le deuxième. J’ai multiplié les petites attaques sur la route mais ça collait fort! J’ai respiré quand nous sommes entrés dans un petit sous bois pour placer une accélération dans une zone un peu technique, pas forcément judicieux pour les chevilles en reprise mais bon, qui ne tente rien n’a rien!

Je me suis retrouvé seul à la sortie du sous bois. A ce moment-là, j’ai eu un temps d’hésitation en me disant “tu es au seizième kilomètre, pour une reprise une troisième place c’est bien?” et je me suis souvenu que je m’étais inscrit pour me dérouiller alors j’ai allongé la foulée pour reprendre le deuxième à 500 m de la ligne d’arrivée…

 

La suite se passera au Trail de la ligne verte d’Evreux, je me laisse une semaine de surcompensation avant de monter sur quatre nouvelles semaines pour développer ma vitesse au vu de la fin du calendrier. Avec certainement un petit cross histoire de sortir les pointes et de partager un bon bain de boue avec les copains du coté de Montilly le 11 Novembre. Il faut varier les plaisirs et rester dans les objectifs qu’on se fixe afin de rester motivé.

Bon courage à tous car on n’entre pas dans la période la plus simple pour s’entraîner.

“Il faut savoir ce que l’on veut. Quand on le sait, il faut avoir le courage de le dire ; quand on le dit, il faut avoir le courage de le faire.”

De Georges Clemenceau

 

 

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