Récits de course

Mettre de coté son égo et participer!

« Nous sommes le produit de nos erreurs mais, pour ménager notre égo, nous appelons ça l’expérience. » Alain Leblay

La décision a été longue à prendre avant de m’inscrire à la GTDA, je ne savais pas si je devais y aller. Je me répétais inlassablement, « c’est trop tôt, pourquoi t’infliger ça? ». Le « ça » en question c’est le regard des autres. Je pense sincèrement que de la bienveillance est dans chacun mais mon esprit, lui, ne construit pas ça. Alors on imagine!

Pour passer au-dessus de ça, j’ai intégré cette course au sein d’un bloc d’entrainement, comme ça au moins je n’ai pas de « pression » car je n’ai pas d’ambition! C’est la solution que j’ai trouvé pour vraiment profiter de cette magnifique journée du 8 Avril.

Après deux heures et demi de route la veille au soir et un bon repas préparé par Flavie, j’ai repris ma routine de pré-course, c’est aussi un moyen de dormir comme un loir!

  • #Racepack : Check
  • #Nutrition : Check
  • #SéanceCompex : Check
  • #Réveil : 6H00
  • #Jambesenlair : Check (sens propre!)

Une bonne nuit de 6H00 d’une traite, je prépare ma double dose ED pour la route, je m’habille et je prends le temps de boire une bonne grande tisane pour bien hydrater mon corps. Ensuite je fais une micro séance de yoga histoire de dérouiller tout ça et en route.

C’est toujours le même rituel sur les trajets de course, j’écoute une bonne musique et je bois mon Energy Diet lentement.

Une fois arrivé sur place… quel pied! Je revois beaucoup de personnes et j’aimerais discuter avec chacun d’eux! Mais le temps passe et il faut finir de s’habiller, aller au dossard… L’organisation du Trail des Deux Amants est digne d’une grande organisation et c’est super agréable. Une fois revenu à la voiture, je ne sais pas comment m’habiller, j’ai chaud! Je pense à une sensation pas normal, il est 8H00 et j’ai envie de partir en t-shirt! Je ne m’écoute pas, je mets mes manchettes et une membrane! Direction la ligne de départ en échangeant avec Martin et en croisant plein de regards connus. Quel plaisir!

Le départ donné, je me suis mis dans le peloton de tête afin de me tester. Après quelques mètres, je me suis rendu compte que la matinée sera chaude et qu’il faudra rester « tranquille ».  Je me retrouve en cinq ou sixième position et cela me va très bien. Je suis dans ma balade et je sais que le chemin est encore long. Pas de prétention de gagner, simplement l’envie de tester mon corps. La première bosse fait mal, je vois les mecs partir, j’analyse rapidement et je me rends bien compte qu’il vaut mieux que je marche dans la première et que je cours dans la dernière… Alors je marche et je regarde l’écart se creuser.

Premier ravitaillement en eau, 10 km, les allures sont cohérentes avec le D+, je suis à 4’10 » en moyenne et sur le plat ça trotte bien! Je remplis mes deux gourdes car il fait déjà chaud! Première chaleur de l’année, il vaut mieux prévenir que guérir! Alors je m’hydrate, je m’hydrate et je m’hydrate pour uriner! Une de mes envies était de voir si mon organisme savait s’adapter à la longue distance.

Car bien souvent on s’entraine physiquement mais on oublie de soumettre notre organisme à ces difficultés. Beaucoup de personnes souffrent de douleurs au niveau de l’abdomen car elles n’ont pas l’habitude de manger ou de boire en courant. Il faut choisir son hydratation et son alimentation et surtout tester, s’exposer à ces situations, c’est ce qu’il y a de plus important.

Je fais la course entre les points d’eau et mes flasques doivent être vides à chaque fois! Je me dois également d’uriner régulièrement, c’est le signe que mes reins fonctionnent bien et c’est capital. Je garde néanmoins un oeil sur les participants de devant. En ce qui concerne l’arrière, je me retourne sur un grand plateau et je ne vois personne à moins de 500 mètres, je me concentre donc sur l’avant de la course. Je suis toujours plus ou moins en compagnie de Yann et Michael, je connais bien Yann, je me souviens d’un de nos entrainements sur ces mêmes singles quelques années en arrière. Nous avons vu Fabrice revenir sur nous et nous « déposer », il m’a fait forte impression alors que je ne voyais personne à 500 mètres derrière moi quelques minutes auparavant. Nous sommes au deuxième ravitaillement et je n’en fais pas de cas car la course est encore longue.

Je refais le plein, encore et encore! Niveau alimentation c’est très simple, une Energyball tous les 30′, la recette de Flavie est simple : Dattes + Figues +purée de cacahuètes + Energy Diet = Energyballs. C’est tout ce dont l’organisme à besoin à l’effort.

Nous avançons, la chaleur augmente encore et c’est impressionnant, il faut se préserver et se protéger. D’ailleurs, vous avez peut-être vu mais j’ai remis ma casquette fétiche! Se protéger du soleil est également essentiel car l’insolation peut rapidement arriver et c’est irrémédiable sur une course. Sur 55 km ce n’est pas très grave mais sur un ultra c’est l’abandon assuré!

Vous allez penser que je fais une « fixette » à la fin de cet article mais j’ai bu encore et encore! C’est une priorité absolue. Buvez de l’eau! Vous pouvez bien évidement avoir un « gel » ou « préparation énergisante » à coté mais dans vos flasques ou poches, n’ayez que de l’eau. Je me rappelle très souvent cette notion qui dit que  » 1% de déshydratation c’est 20% de performance en moins… » Alors, quand je vois la quantité de sueur que j’ai à dégouliner sur ma figure je bois!

Les kilomètres passent et les gars se détachent de moi. Au quarantième, je me retrouve seul en quatrième position, enfin ça c’est ce que je pense. En cinq kilomètres toute la course se bouscule!

Je rattrape Fabrice, je continue un kilomètre, je rattrape Yann, je cours encore, j’appuis sur les cuisses dans les montées et j’ai Michael en point de mire… Mon esprit est alors en troisième position. Je reste patient car il reste environ onze kilomètres à ce moment là.

J’arrive au dernier ravitaillement quelques secondes après Michael et, à cet instant on me dit que nous sommes les premiers! Hein? Julien s’est perdu? Mince, je me dis alors que la « course » n’est plus vraiment une course et que c’est plus sympa de terminer avec Michael. J’échange quelques mots avec lui et nous tombons rapidement d’accord sur cette philosophie de partager la fin de course. Je ne souhaite pas « me faire mal » car ce n’est qu’une course intermédiaire et j’ai déjà quelques heures dans les jambes de la semaine passée.

Nous échangeons avec Michael, j’adore ces moments où deux « compétiteurs » se retrouvent à partager une balade en n’ayant pas d’arrière pensée sur le fait de gagner. C’est la course du coin, l’enjeu n’est pas grand, mais le plaisir, lui, l’est! Nous nous sommes tirés l’un l’autre jusqu’à la ligne d’arrivée pour signer un joli temps au final!

Merci Michael pour ces kilomètres! Pendant que nous sommes dans les mercis, je souhaite remercier l’ensemble des bénévoles du TDA car cette organisation est belle et les moyens mis à disposition des coureurs sont dignes de grandes courses. Douches, Kinésithérapeutes, balisages, bénévoles dans les carrefours, ravitaillements parfaits, bref… Amis normands et de départements limitrophes, je vous conseille de venir jeter un oeil sur cette organisation.

De mon côté, l’entrainement a repris le lendemain avec des sensations aux RDV et une motivation décuplée par ces partages.

Sportivement,

Victorien

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