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L’expérience des chemins du Mont. – Partie 2 –

Le défi VTT était tout juste abandonné que nous savions déjà qui fallait terminer cette trace. Un abandon est une leçon mais il ne rime pas avec résignation pour nous. Cela se résumait très simplement à poser une date et le seul jour disponible était le 22 décembre, comme un signe pour une balade avant Noël, avant la fin 2018 pour basculer sur de nouveau défi en 2019.

William et moi étions d’accord pour terminer ces 145 kilomètres restant sans vraiment d’assistance, léger et surtout de finir avant la nuit! C’est pour cette raison que nous avons décidé de partir à 6H00 à l’endroit même où nous avons abandonné le 3 novembre dernier. Les Chemins du Mont Saint Michel depuis Rouen ne sont pas extrêmement compliqués vis-à-vis d’autres chemins que nous pouvons avoir en Normandie. Niveau entrainement, nous avons été très légers car nos emplois du temps respectifs étaient bien remplis ces dernières semaines mais la motivation, elle, était au rendez-vous.

Samedi 04H00, après une longue soirée de préparatifs et une courte nuit c’est le moment de se lever. Premier réflexe: mettre le nez dehors pour sentir les conditions météo, c’est ce qui régit rapidement notre équipement pour les 12 prochaines heures. Il fait doux, il y a pas mal de vent mais pas de pluie battante. Quelques minutes plus tard, nous sommes au petit déjeuner, une fois de plus nous restons « légers ». Rien ne sert de se plâtrer le ventre avec un plat de pâtes ou ce genre de chose car la digestion en pâtirait! Un Energy Diet + chocolat, une banane bien mûre et une tisane c’est le mix parfait pour bien digérer et avoir tous les apports nécessaires aux trois premières heures de balade.

5H15, les vélos sont chargés et nous sommes sur le départ, un petit tour d’horizon pour voir si rien ne manque et en route. Niveau équipement, nous sommes partis peu couverts, il faut trouver le bon compromis entre chaleur et sudation trop importante. La thermorégulation est une source non négligeable d’utilisation de calories et, en endurance, chaque calorie est importante.  Après quelques kilomètres en voiture, je fais mon traditionnel « check-up », je me rends compte que j’ai oublié mon compteur GPS et de l’orientation sans GPS c’est pas simple. Demi tour, voilà environ 10 mn de perdue sur le timing.

6H05, nous arrivons à Pont d’Ouilly et le départ se fait rapidement pour ne pas avoir froid. C’est notre Papa qui nous dépose, nos parents sont toujours de la partie dans nos défis et c’est très agréable. Un « coucou » et en route, pas de temps à perdre. 


7H30, il fait toujours nuit, nous passons le premier « check-point » à Vassy, la commune se réveille, les habitants vont chercher le pain, partent au travail. J’aime ce décalage entre eux et nous lors de ces défis, j’imagine leurs réflexions et j’espère les inspirer pour qu’eux aussi aient envie de bouger.

9H00, nous sommes à Vire et nous passons sous la célèbre porte horloge. Nous sommes en avance sur le timing car nous roulons à un très bon rythme, des relances et pas de temps perdu dans les bosses. Je propose à William de boire un café car même s’il ne fait pas extrêmement froid nous sommes le 22 décembre! Nous en profitons pour également demander au commerçant de l’eau pour nos gourdes qu’il accepte de remplir, parfait! Le temps de charger la trace suivante, de vous partager un petit Live sur les réseaux sociaux et c’est déjà reparti.

11H00, nous entrons dans Saint Pois et par la même occasion dans la Manche, le département du Mont Saint Michel. C’est Flavie qui est là pour un ravitaillement express, un ED + café, une banane et de l’eau. Nous remettons aussi quelques provisions dans le sac car nous sommes au kilomètre 70 et c’est le seul ravitaillement « extérieur » en assistance. Nous devons nous habituer à ne pas trop dépendre des ravitaillements et à nous réguler seuls. A travers ces défis, j’aime beaucoup observer le regard des habitants qui ne comprennent pas toujours notre présence, c’est étranger à leur quotidien et c’est avec beaucoup de plaisir que j’essaie en premier de leur adresser la parole. Je me souviendrai d’ailleurs de cet échange dans St Pois avec cette vielle dame et son déambulateur.

13H00, le petit Celland, petite commune charmante avec son église et son cimetière plutôt accueillant grâce à son robinet bien sûr! Nous prenons là aussi un moment pour nous asseoir car nous sommes dans le timing. Une fois de plus, une personne vient échanger avec nous et quel plaisir. Un petit Live, de l’eau, un ED + légumes, un délice et avant que le froid nous tombe sur les épaules nous repartons en direction d’Avranches. Le passage de Vire à Avranches était particulièrement riche en petits coups de cul et je me souviendrai du passage magnifique à la sortie de Saint Pois. Je vous partagerai ça en vidéo car nous avons quelques passages saisis avec les Go Pro.

15H00, une petite faim se fait sentir! Quoi de mieux qu’un petit « stop boulangerie » à la fin d’une grande balade! Je ne souhaite pas le faire au milieu ou au début car ce qu’on y trouve n’est pas forcément très bon pour nos muscles mais en toute fin de balade cela a moins d’incidence. Enfin si, il y en a une positive et cette positivité vient du pain d’épice de David! Extra cet arrêt dans le commune de Pontaubault à l’embouchure de la Sélune. Nous avons également pris une bouteille d’eau pour les gourdes et direction le Mont que nous avons déjà aperçu il y a 20 mn en entrant dans les près salés.

16H00, les derniers mètres sont devant nous. En étant très objectifs, William et moi savons que le défi initial est possible mais demande plus d’expérience que celle que nous avons aujourd’hui dans le VTT longue distance en hiver. Au delà de la gestion de la balade, il y a la gestion des émotions. Notre cerveau n’est pas toujours notre plus grand allié, tant dans la vie de tous les jours que dans le sport, et personne n’est épargné par ces montagnes russes qu’il faut apprivoiser. Mais sur ce pont qui aujourd’hui mène sur cette île qui est le Mont Saint Michel nous savourons et nous retraçons les hauts et les bas en se disant que rien n’est insurmontable mais qu’il faut s’exposer progressivement à la difficulté. Être petit avant d’être grand, nous ne sommes pas grands mais un peu plus grand qu’avant cette tentative et un peu moins qu’après la suivante.

Lors de notre abandon, nous avons laissé ce que SUN TZU aborde dans son livre L’art de la guerre, nous avons laissé une petite issue et nous n’avons pas affronté le seul vrai Défi entre Rouen et le Mont Saint Michel.

Sportivement,

Victorien

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