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La dernière balade de l’année…

Ce dimanche 20 décembre, avait lieu le trail du LHSA au Havre. C’était pour moi l’occasion de terminer le challenge des trails Hauts Normands. Le Trail Tour 76 faisait partie de mes objectifs 2015. Après avoir remporté le challenge Bas Normand en 2013, je voulais courir celui de Haute Normandie, puisque depuis quelques années, j’habite dans le département de la Seine Maritime.

Les rituels d’avant course sont toujours les mêmes. L’objectif sur cette étape n’était pas le podium, mais simplement être « finisher » pour avoir mes six étapes et ainsi rentrer dans les clauses du challenge. Il fallait également, et surtout, ne pas se blesser après 15 jours de repos.

Pour le petit déjeuner d’avant course, je ne l’ai pris que deux heures avant le départ, et j’avais décidé d’innover avec une recette simple, rapide mais surtout délicieuse…

Recette du jour :

Mettez tous ces ingrédients dans votre blender :

              – 500 ml de lait de riz Bio

              – 2 cuillères à soupe de graines de chia Bio

              – 1 dose d’Energy Diet Café

              – 1 Banane mûre Bio

              – 3 belles dattes medjool Bio dénoyautées

Mixez jusqu’à obtention d’une crème onctueuse et dégustez lentement avec un thé citron avec du miel…

Une fois le ventre plein, direction la forêt de Montgeon au Havre avec Flavie. Je ne connais pas vraiment ce coin du Havre même si j’ai fait une partie de mes études à quelques mètres. A cette époque, je passais plus de temps sur les bancs de musculation…

Arrivé sur place, retrait du dossard, échauffement, on discute avec les quelques têtes connues. Quel plaisir de n’avoir aucune pression de résultat. C’est l’heure du départ, tout le monde se met en ligne. Je sais que je dois être prudent durant les 500 premiers mètres car ça va partir fort et il y a plein d’obstacles.

Les fauves sont lâchés! Comme attendu, le départ fut très rapide, quelques esquives de racines, de plots, d’arbres … cela parait facile quand on est seul, on peut anticiper, mais dans un peloton à près de 20 km/h, cela change tout.

Après quelques minutes de course, je me retrouve en douze ou treizième position, rien d’inquiétant pour le moment, on ne s’affole pas. Je me rends compte au bout de quelques kilomètres qu’un groupe de quatre coureurs est à une centaine de mètres, je décide de les garder à cette distance sans faire l’effort. Je découvre en même temps cette forêt au bord de la ville, le parcours est un peu aseptisé mais il y a un peu de technique quand même et l’organisation donnait 450 mètres de dénivelé positif sur 22 km, donc les « patates » allaient venir… Je les attendais d’ailleurs car l’allure sur le plat me changeait radicalement d’il y a quinze jours!

Durant les dix premiers kilomètres, le classement n’évolue pas vraiment. Je reviens environ à la dixième place, je me contente de ce classement et je continue la balade. Néanmoins, je vois qu’après chaque « patate » l’écart par rapport au deux coureurs que j’avais en ligne de mire diminue puis grandit de nouveau quand on revient sur le plat. Les kilomètres passent et cette situation dure mais, dans ma tête, plusieurs idées se bousculent: « on avait dit qu’on faisait la balade », « bon j’ai encore des jambes, j’en fais quoi? », « C’est pas loin devant, je suis sûr que je peux faire le job! », « Tu vas pas finir l’année comme ça? » … Bref, ça se chamboule, mais il est temps de prendre une décision car nous sommes au dix-neuvième kilomètre et je ne sais pas combien de coureurs je vais pouvoir reprendre.

Allez, c’est parti, je mets un léger ton au dessus dans un faux plat. Je passe deux coureurs par la gauche et je décide de maintenir cette allure jusqu’au bout. Je me retrouve à la septième place. Je continue et attaque la dernière « patate » sur laquelle je reprends un coureur qui marche. Je savais que la course était partie vite et les excès se paient à un moment ou à un autre.

Sixième position, j’entends un spectateur dire « allez, accroche toi, il est mort devant ». Je ne sais pas où est ce coureur mais je ne le vois pas et il reste un kilomètre. Ca va être compliqué mais je n’abandonne pas l’idée d’un top cinq qui me convient à ravir! J’allonge la foulée et j’aperçois le cinquième, je le dépasse et maintiens mon allure sans en faire trop au cas où il m’accrocherait. Je n’entends personne derrière moi après une centaine de mètres, je conserve cette allure et j’entre dans le stade avec un sentiment de satisfaction.

Au moment de passer sous l’arche, les émotions se bousculent. Content de m’être donné à fond sur les derniers kilomètres de cette étape, content de ne pas être blessé, content d’avoir terminé le TT76 et surtout content de voir Flavie sur la ligne d’arrivée.

Une cinquième place satisfaisante car devant c’était vraiment des costauds et le profil de la course n’était pas trop à l’avantage des Trailers mais peu importe, quelle belle organisation au LHSA!

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